Les huit préoccupations mondaines

Les huit préoccupations mondaines sont l'un des enseignements bouddhistes qui m'ont le plus aidé à comprendre pourquoi je pouvais passer d'un état de bien-être à un état de mal-être en quelques secondes. Elles décrivent ces mécanismes automatiques qui gouvernent nos réactions au quotidien, et dont nous n'avons, la plupart du temps, même pas conscience.

Les Huit Dharmas Mondains sont également connus comme les huit préoccupations mondaines. Éviter ou s'efforcer d'éviter ces huit états mentaux est considéré comme très important dans la pratique bouddhiste. Ils décrivent les activités que nous développons sans cesse visant des plaisirs à court terme, qui, souvent, ne résultent même pas en plaisir…

Les Huit Dharmas Mondains sont ceux-ci :

  • Chercher à obtenir ce que l'on veut, et éviter d'obtenir ce que l'on ne veut pas ;
  • Désirer (de manière instantanée) le bonheur, et ne pas vouloir le malheur ;
  • Vouloir la gloire, et ne pas vouloir être inconnu ;
  • Vouloir la louange, et ne pas vouloir le blâme.

Du point de vue du karma, nous nous comportons habituellement à l'inverse de nos objectifs, parce que pour recevoir ce que nous voulons, nous devons donner aux autres ce qu'ils veulent. Pour éviter de recevoir ce que nous ne voulons pas, nous devrions éviter de donner aux autres ce qu'ils ne veulent pas et ainsi de suite.

C'est un très bon sujet de méditation, nous pourrions nous demander à nous mêmes, par exemple :

  • Est-ce que j'apporte aux autres des expériences du bonheur ou des expériences déplaisantes ?
  • Est ce que j'aide les autres qui sont malheureux ?
  • Combien de fois blâme-je les gens au lieu de les louer ?
  • Que puis-je faire avec la gloire, que va-t-elle vraiment m'apporter ?
  • Qu'est ce qui sera utile lorsque je serai sur le point de mourir ?…

Une histoire du Vénérable Maître Hsing Yun

« Les huit vents ne peuvent pas m'ébranler »

Su Dongpo (un fameux poète bouddhiste) de la dynastie des Song a été affecté à un poste officiel à Guazhuo, qui était situé sur la rive nord de la rivière Yangtze. À l'autre côté du fleuve, sur sa rive sud, se trouvait le Temple Jinshan (Montagne d'or) où le maître Chan Foyin présidait. Un jour, Su Dongpo, se sentant assez avancé dans sa pratique, écrivit un poème et demanda à son assistant de l'envoyer au maître Chan Foyin pour vérification.

Le poème était comme suit :

« Saluant avec mon plus grand respect
Le deva des devas,
Dont la lumière fine éclaire l'univers tout entier,
Les huit vents ne peuvent m'ébranler,
Car je suis assis bien droit sur la fleur de lotus d'or pourpre.
»

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« Chaque fois que je tais une émotion (par peur de choquer l'autre et risquer de le perdre), chaque fois que je fais semblant d'être heureux (alors que profondément une parole ou un acte m'a blessé), chaque fois que je dis oui, alors qu'au fond c'est non (car j’ai peur qu’on me juge), chaque fois que je fais quelque chose de contraire à mon élan profond (pour satisfaire quelqu'un d'autre), chaque fois que je prononce des mots auxquels je ne crois pas (parce que j'ai honte de ce que je ressens vraiment)... je me trahis et je m'éloigne de mon authenticité. »

Bodhiyuga
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