Il y a des livres qui arrivent dans notre vie au bon moment, comme si quelqu'un les avait posés là exprès. « Comment résoudre nos problèmes humains » de Géshé Kelsang Gyatso est l'un de ceux-là pour moi. C'est l'un des premiers livres que l'on m'a conseillé de lire quand j'ai commencé à m'intéresser au bouddhisme, pour son aspect accessible. Et j'ai été impressionné par la clarté avec laquelle il traite de sujets aussi profonds que la souffrance, la colère et la patience.
Ce que ce livre m'a apporté
La première partie parle des quatre nobles vérités, que Bouddha aurait énoncées : la souffrance, les origines, les cessations, la voie. La seconde partie parle de la patience, des défauts de la colère, d'apprendre à accepter la souffrance, à ne pas riposter avec agressivité lorsqu'on nous attaque verbalement...
C'est cette seconde partie qui m'a le plus touché, personnellement. Car la colère, je la connaissais bien. Elle avait été ma compagne pendant des années, cette colère sourde contre la vie, contre les gens, contre moi-même. Et ce livre m'a montré, avec une douceur désarmante, que la colère n'est jamais la bonne réponse. Non pas parce qu'il faut se taire et tout accepter, mais parce que la colère nous détruit de l'intérieur bien plus qu'elle ne change quoi que ce soit à l'extérieur.
Je pourrais faire un résumé des nobles vérités mais mieux vaut vous en présenter les grandes lignes ici :
La première noble vérité : Dukkha
La première noble vérité est que l'existence conditionnée est imbue de souffrances : la naissance est une souffrance, la vieillesse est une souffrance, la maladie est une souffrance, la mort est une souffrance, être uni à ce que l'on n'aime pas est une souffrance, être séparé de ce que l'on aime est une souffrance, et, finalement, les cinq agrégats d'attachement sont aussi des souffrances.
Le mot pali « dukkha » est souvent traduit par « souffrance » ou « douleur », ce qui est imprécis. Il revêt bien des significations : insatisfaction, imperfection, impermanence, conflit, et non-substantialité. Ajahn Brahm la caractérisait comme « demander à la vie ce qu'elle ne peut nous donner ».
Cette traduction « souffrance » vaut au bouddhisme la réputation d'être pessimiste, alors que le message du Bouddha est fondamentalement optimiste puisqu'il dit que l'on peut se libérer de cette insatisfaction.
La deuxième noble vérité : Samudaya
La deuxième noble vérité décrit l'origine du dukkha. Les souffrances existent parce qu'il y a des causes qui entraînent leur apparition. C'est cette « soif » (tanhā) qui produit la re-existence et le re-devenir, liée à une avidité passionnée : la soif des plaisirs des sens, la soif de l'existence et du devenir, et la soif de la non-existence.
C'est la soif et l'ignorance qui engendrent les trois racines du mal : la convoitise, la haine et l'erreur. Tout acte, bon ou mauvais, produit un fruit positif ou négatif pour son auteur.
La troisième noble vérité : Nirodha
La troisième noble vérité concerne la cessation des souffrances. Ces souffrances sont réelles et elles ne cessent de nous tourmenter, nous sommes obligés de nous interroger sur leurs origines. Une fois que les origines sont connues, on agit sur les causes pour les éradiquer, jusqu'à atteindre la libération finale, le nirvāna.
La quatrième noble vérité : Marga Sacca
La quatrième noble vérité est celle du chemin menant à la cessation des souffrances. Ce chemin est le « noble sentier octuple » : vision correcte, pensée correcte, parole correcte, action correcte, profession correcte, effort correct, attention correcte et contemplation correcte. Par la pratique simultanée des huit composantes, les pratiquants atteignent progressivement le nirvāna.
Ces quatre nobles vérités sont souvent associées à la parabole du médecin : il constate les symptômes, fait un diagnostic de la maladie, trouve la méthode de la guérison et prescrit un remède.
Pourquoi je vous recommande ce livre
Ce que j'aime dans l'approche de Géshé Kelsang Gyatso, c'est qu'il ne nous demande pas de croire aveuglément. Il nous invite à examiner notre propre expérience. Est-ce que la colère m'a déjà apporté quelque chose de durable ? Est-ce que l'impatience a déjà résolu un seul de mes problèmes ? Quand j'ai été honnête avec moi-même, la réponse a toujours été non.
Ce livre ne résoudra pas vos problèmes à votre place. Mais il vous donnera des clefs pour comprendre pourquoi ces problèmes vous font souffrir et, surtout, comment changer votre rapport à cette souffrance. Et parfois, mes amis, c'est exactement le premier pas dont on a besoin.