Quand j'ai cessé de juger le monde
À une époque, je trouvais la pluie déprimante.
À une époque, je trouvais des gens agaçants.
À une époque, je trouvais que se lever tôt était déprimant.
À une époque, je trouvais qu'éprouver la tristesse était négatif.
À une époque, je trouvais que des gens étaient trop distants, d'autres trop présents.
À une époque, je trouvais que des gens n'aimaient pas assez, que d'autres aimaient trop.
À une époque, je trouvais que mon travail était fastidieux, peu valorisant, ennuyeux.
À une époque, je trouvais des morceaux de musique tristes, d'autres envoûtants, d'autres monotones, et d'autres joyeux.
Et puis... j'ai fait des rencontres déterminantes, et le message qu'ils m'ont transmis à chaque fois fut le même.
Toute chose EST
Une chose est. Ce n'est ni triste, ni ennuyeux, ni agaçant, ni fastidieux. C'est. Tout est une question de point de vue, d'appréciation. Et c'est cette appréciation qui fait toute la différence.
Mais en soi, toute chose EST. Une personne peut nous dire que telle chose est ainsi, nous pouvons ressentir complètement l'inverse, et aussi convaincus que nous le serons chacun, personne n'aura au final tort selon sa vision du monde.
La question qui a tout changé
Quand je devais quitter mon ancien job et qu'« il me restait trois mois à tirer », je me rappelle en avoir parlé à quelqu'un pour qui j'ai une profonde affection, qui fut d'une grande aide au moment de mon divorce. Cette personne a un regard très pur, profond, empli de bonté, d'amour et de compassion. Il m'a regardé avec beaucoup de gentillesse et m'a demandé : « Alors tu vas être malheureux encore trois mois ? »
Depuis ce jour, je me suis rendu compte que l'on peut se rendre malheureux uniquement par rapport au jugement que l'on porte sur une situation, et qu'en retirant le jugement, on retire le mal-être.
C'est peut-être l'un des enseignements les plus puissants que j'aie reçus. Le bouddhisme appelle cela « l'équanimité » : cette capacité à accueillir ce qui est, sans étiqueter, sans résister, sans s'accrocher. La pluie n'est pas déprimante. La pluie est la pluie. C'est notre esprit qui décide qu'elle est déprimante. Et cette prise de conscience, mes amis, change absolument tout.
Avec toute mon amitié.